Logique

J'écris ses cris


J'entre silencieusement dans la chambre sombre. Un léger bruit de respiration paisible, discrète, cette odeur de lit chaud. Je tire la porte de la salle de bain attenante derrière moi et j'allume la lumière, prend tout mon temps dans le silence du matin.

Je me lave les dents, puis douche longue, détente et gel moussant sous la vapeur chaude, sans rien oublier, juste prendre le temps, juste apprécier. Trois jets de parfum. Dehors la pluie frappe les vitres. J'éteins, me glisse dans la chambre, nu, le sexe contre les cuisses, soulèvement de couette, je m'allonge, près de cette femme qui ne dort pas. Lentement je la cherche et la rejoins, mon souffle contre sa nuque, tabac et café de mon matin à sa nuit. D'état dame. C'est tendre et doux. Elle bouge son bassin flattant mon orgueil. Ma main glisse de son dos, enveloppe un sein puis repose son ventre. Elle est maîtresse, chaude, animale, l'odeur forte de son sexe m'intime l'ordre de la séduire, de l'apaiser, et l'apprendre. Elle est toutes femmes, toutes celles que je n'honorerai jamais. Elle cambre d'évidence. Toujours de derrière, écartant, je me guide vers ses lèvres et m'y pose bord à bord à l'abordage, doucement je frôle immobile et tendu, goûtant la douceur de son abandon soyeux. Sans bouger, la laissant palpiter en attente. Je glisse dans son O au plus profond et son souffle se coupe et gémit alors que je me plante en elle, fort jusqu'à la racine, mon ventre contre ses fesses. Elle est à moi, émoi, je suis en elle. Va, vais et mens, amants. Son souffle répond à mes coups, l'assurant de mon désir à la satisfaire et de mon envie d'elle. Son mari l'a laissée pour être maîtresse. Sa main rythme le va et vient.

Je pense à ses femmes dans ma vie. Ces femmes dont les vulves en bague ont serré ma queue, ces femmes qui m'ont attiré dans leur lit et m'ont laissé jouir du temps qu'elles m'ont offert. Ces instants précieux et violents. C'est tendre, s'étendre, aimer. Remplir leur vide en comblant l'heure à venir, et revenir à mon origine pour me survivre. D'amour tendre et passionné, en plaisirs liés, au coeur des plus belles chevauchées, embrasser croupes sans battre sa coulpe et s'embraser, ou l'inverse, sans dessus dessous. Nu à nue, me laissant haler vers le fond et ses formes. J'écris ses cris, écrit vain fut-il, par respect d'elles m'aiment.



   Jp 18 juillet 2006   


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