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Culture et valeurs républicaines


Je ne sais pas pour vous, mais il me semble qu'une des particularités forte de notre appartenance au peuple français, qui fait ma fierté et mon honneur, est ces valeurs républicaines qui soudent la nation, à savoir notre triptyque: Liberté, Egalité, Fraternité.

Quand j'entends le mot républicain (ce qui est particulièrement à la mode en ce moment), j'ai tendance à sentir mon poil se hérisser, d'autant qu'en général on nous l'assène de manière définitive, comme si on voulait cacher l'absence d'idée ou de volonté politique réelle. Une sorte d'incantation magique et absolue que le simple fait de prononcer donne une raison indiscutable et évidente d'adhésion, sans aucune restriction, une espèce d'évidence quasi religieuse, un dogme absolu qui rend tout clair, balayant tout sens critique et ne souffrant aucune restriction. Je ne sais pas pour vous, mais il me semble qu'une des particularités forte de notre appartenance au peuple français, qui fait ma fierté et mon honneur, est ces valeurs républicaines qui soudent la nation, à savoir notre triptyque Liberté, Egalité, Fraternité. Même si beaucoup paraissent trouver cela désuet, nous avons tous été élevés dans le partage de ce bien commun. Diriger la France devrait avant tout être tourné dans le respect de ces valeurs, et ce, d'une manière bien claire et visible par tous. Pour la raison simple qu'il me semble bien difficile de revendiquer une notion républicaine sans tenter de mettre en pratique ces valeurs. Sinon à prendre le risque d'être non compris, taxé d'hypocrisie et de perdre toute crédibilité.

Réformer la France ? Cette question angoissante, qui revient régulièrement dans la presse, dans le débat politique, et semble tellement obséder nos élites, devrait quelque peu s'inspirer de nos spécificités culturelles avant de tenter d'imposer des recettes, qui même si elles ont fait quelques preuves discutables ailleurs, doivent néanmoins être adapté à notre modèle de société et à nos valeurs. Un exemple concret : avant de demander des efforts à une catégorie de population, il convient de montrer que cet effort est également partagé par tous, et ce, dans le respect de la solidarité et de l'égalité. Ainsi si l'on doit demander des efforts aux salariés, il convient que le patronat en fasse également d'une manière proportionnelle, visible et prouvable, qui ne porte pas à confusion. Aussi clair que les incidences sur le pouvoir d'achat le seront pour les salariés. Toute tentative de réforme devrait prendre en compte cet aspect inhérent à notre culture et nécessaire à notre cohésion sociale.

Travailler plus longtemps pour moins. Alors que notre population vieillit et que notre système de retraite est en assez mauvaise santé. Dans la mesure où nous nous dirigeons vers un allongement de la durée du travail et du temps de cotisation tout en diminuant les revenus. Le problème de gestion des travailleurs va devenir, dans les années à venir, très sensible dans notre pays. On ne peut pas demander à des gens de plus de 50 ans de travailler dans les conditions que l'on impose à de jeunes cadres qui ont tout à prouver. Le croire c'est faire preuve d'une bien mauvaise connaissance de la nature humaine. Nous disposons en France de personnes, compétentes, expérimentées, productives, laissons les vivre. Aidons-les à se sentir bien dans leur travail, arrêtons de leur mettre des pressions excessives et inappropriées sous prétexte de cadences à tenir ou d'objectifs à atteindre. Réinventons la responsabilité de l'individu, en comptant plus sur sa conscience professionnelle et sa valeur morale, plutôt que sur les contrôles et contraintes, dont le poids finit par tuer toute bonne volonté. Laissons-les s'investir à leur rythme. Redonnons aux personnes le plaisir de travailler, d'être fier de leur travail et le respect qui leur est dû. Combien plus est productif quelqu'un qui travaille heureux et fier de ce qu'il fait, que celui qui subit sous la contrainte dans un ressentiment d'injustice. Ne pas tenir compte dans notre système de management de ce besoin de liberté inscrit dans notre constitution est une erreur de jugement funeste, qui génère le plus souvent, maladie, absentéisme et même sabotage, soit des pertes très importantes de productivité, qui pourraient être évitées en partie par un management plus souple et respectueux des personnes. Quel gâchis !



   Jp 26 août 2006   


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