Inconscient

Les cons gagnent du terrain


Ils nous trompent de leurs bons mots, jouent des émotions en publicitaires pour cacher leurs desseins et leur avidité. Ils avancent bien masqués sous de beaux sentiments, et veulent parler pour nous, pour mieux penser à eux.

Ecrire c’est rêver celui qui l’ignore n’est qu’un rêveur inconscient, et celui qui n’en est pas conscient se leurre. Il y a autant de réel dans l’écrit, que la toile d’un peintre n’est la réalité de ce qu’elle représente. Elle n’est pas l’émotion elle-même mais sa mise en scène. Faire prendre l’écrit pour un réel c’est vouloir tromper. Tout écrit n’est qu’un générateur d’émotions, dont l’auteur joue pour ses désirs.

Chaleur. Il fait chaud et ces dunes qui n’en finissent. Monter et descendre avec ce sable qui s’enfuit et cette ligne floue d’horizon. Le vent comme seule présence murmure ces sons, effets volés, brouillés, les grains en petits voiles troubles et opaques. S’enfoncer et perdre pieds, glisser, assis, roulé, allongé. Secouer, monter à tâtons. Le souffle court, les lèvres sèches, craquantes, les yeux fous et flous. Avancer sans réel repère que ce soleil trompeur et lourd. Ne laisser que des traces éphémères que le vent efface. Des absences, des moments vides, sans conscience et hors du temps, avant de reprendre quelques pas de plus, vers un horizon qui balance au vent fuyant et disparaît dans l’effort. Puis vint la nuit.

Aussi faux que ces mots qui dérivent au hasard de ce rêve trompeur, pensées ténues faites d’absences. Une nuit claire, blanche d’étoiles palpitantes, et ce croissant fin, rond comme la courbe d’un sein, si doux et tranchant à la fois. Tout s’allège, il ne reste presque plus rien de ce sablier qui se vide, seul, tout s’espace dans le bourdonnement oppressant du sang qui bat. Silencieux comme ce bras étranger qui soulève, puis cette eau sur les lèvres.

Quels que soient les déserts que l’on traverse, quels que soient les mensonges dont on vit ou les mirages que l’on poursuit. Pour tout le mal que nous avons fait, parfois sans le voir. Quelle dette avons-nous pour celui qui donne à boire ? Nous sommes si loin, que nos mots ne sont plus. Nous ne partageons que l’humanité qui nous est offerte gratuitement, et qu’un jour, peut-être, nous pourrons rendre, sans rien attendre en échange.

Mon dieu que cette nuit est belle !



   Jp 19 octobre 2006   


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