Respirer

Tucson's


Samedi soir, Amérique du Nord, au Tucson's. Il neige. Par les baies vitrées, la circulation du croisement s'écoule en lumières. Chronique. Les camions de neige quittent la ville. Dans le bar brouhaha de conversations qui se fondent en bruit de fond fort. Un bon steak épais, middle rare, french fries et légumes. Début de fin d'hivers, ma babe a le sourire et les yeux qui pétillent. Au dessus de la petite scène quatre guitares sont clouées, sur les murs, un peu au hasard des photos de musiciens qui sont venus jouer. 21 H 45 le band s'installe, deux guitares, basse, batterie, clavier, la formation blues rock classique, la cinquantaine ( et je suis généreux ) un peu l'age du public ( la je suis méchant ). C'est parti pour un gig serré de reprises bien senties, nerveuses, carrées. C'est plein, sans gras, juteux, généreux, comme ce pays. C'est vrai et sans prétention, juste des reprises dans une sauce personnelle forte et goutteuse, sans fioriture, efficace. Le son bien gras, lourd, rond, gros, vif et bien en place, Fender sur Fender. Voix matinées d'années de bières et de whisky, sans réelles surprises, mais les sons qu'il faut quand il faut, presque sans fautes et surtout sans complexe. On n'est pas si nombreux ce samedi soir au Tucson's, c'est simple et sans manière, une rock and blues culture populaire qu'on ne trouve pas en France, de reprises en chœur, c'est aussi pour cela que j'aime ce pays, ce coté généreux spontané sans prise de tête qui ne se regarde pas le nombril. Dehors la neige s'est calmée, peut-être bien la dernière tempête de l'année. Dans le bar il fait chaud, jour de saint Patrick, la bière coule, je serre la main de ma chérie, tout à l'heure on va s'endormir collé-collé dans un bon lit tout propre qu'on a fait avant de partir. Samedi soir, chronique...



   Jp 18 mars 2007   


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