Porte

Lamento della Ninfa, de Claudio Monteverdi


Les lamentations d’une nymphe délaissée. Je viens de la culture Rock, Blues, Funk. Bref de la musique populaire anglophone fortement teintée de basses batteries et guitares électriques. Alors pourquoi suis-je tombé totalement, absolument, sidéralement, en amour avec cette composition de 1638 d'un musicien italien, précurseur de l'opéra et donc d'un classicisme certain, dont la seule évocation aurait du suffir à me faire fuir, immédiatement, par principe.

Ce morceau me poursuit depuis qu'un jour, la recherche de la meilleure configuration ampli enceinte a laissé tomber, comme par hasard, cette galette sur ma platine. Séduction immédiate, coup de foudre, poils qui s'hérissent et chair de poule, émoi qui ne c'est jamais démenti et que la découverte, encore accidentelle, de ce somptueux «Nueve versiones del Lamento de la Ninfa», sorti chez PMSAL en 2001, vient encore raviver. Quel bonheur ! Quelle émotion !

Lamento della Ninfa

Les voix et les instruments, hors du temps, hors de tout age, or du tant. Tout commence avec la lente force pleine, des voix masculines. Et ce texte introduisant le répond de la cantatrice. La diva répond et son interprétation transcende. Les niveaux de sensations et d'interprétations se mêlent, le jeu des instruments, ces chœurs virils qui soulèvent la plainte de la nymphe. La poussant à dévoiler toute la violence de la souffrance que sa pureté exacerbe, fragile, en grains sensibles d'une douceur confondante de puissance, dans la montée du lamento. Charnelle, voluptueuse et sensuelle à morir.

L'émotion. Il n'est pas impossible que la recherche de l'émotion soit une des principales raisons et plaisir de vivre. L'émotion revêt une infinité de formes et se dévoile le plus souvent par surprise. De la douceur des cuisses d'une amante en quête d'absolu, au détour des notes qu'offre un musicien de rue, de la peinture que la nature donne à la vue. L'émotion transperce et transcende, elle fait ressentir plus intensément et profondément une sensation universelle d'humanité, un tremblement de l'âme, fin et précieux, ultime. Elle donne envie de vivre.



   Jp 24 février 2008   


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