Eveil

Willie Nelson Wynton Marsalis Two men with the Blues


Arf pourquoi critiquer cet album ? Déjà dès le titre de ce post on peut raisonnablement se questionner sur ce que le country man légendaire et déjà passé d'age Willie Nelson attend d'une rencontre avec Wynton Marsalis le jeune saxophoniste de jazz fort doué, à moins que ce ne soit monté de toute pièce par un hasard nécessiteux, fruit d'une inspiration obscure et inopinée aux seins de leurs maisons de disque. Un country et un jazz, jouant du blues ? On sent venir la grande escroquerie, comme quand on commande une pizza dans un restaurant vietnamien.

Enregistré live à New-York en 2008, cet album des deux W, évidement léché comme la pomme d'amour d'une fête foraine, laisse plutôt un gout sucré, c'est clair, désinvolte, un rien écœurant de technique. Bien sur avec de tels pointures aux instruments, c'est plutôt imparable, calme, paresseux, voir même un peu mou et lent, ce que le choix des chansons ne fait qu'accentuer. Avec quelques trouvailles parfois pour nous empêcher de tomber le nez dans le verre. Heureusement que les applaudissements à la fin des morceaux poussent au coude comme pour dire "réveille toi ! Il est temps de saluer". Consensuel, confondant de classicisme, Willie semble souvent en être resté sans voix, et nous aussi d'ailleurs.

Willie Nelson, Marsalis

Il n'en reste que, cet album, vous vous devez de vous le procurer, l'avoir dans votre collection, et le sortir au moment approprié car ... Ça reste un truc tellement improbable et bien fait, relaxant au possible, positivement incritiquable, et s'il ne suscitera certainement pas un enthousiasme hors de toute raison, ni de fortes émotions. Il reste indubitablement l'instrument d'un bonheur simple et de battements de pieds, hochements de tête, sans prétentions ni chichis, à l'instar de ces petits solos précieux de guitare qui l'émaille. A mettre en tache de fond, tout en pensant et faisant autre chose, il permet de prendre conscience, au hasard de l'attention qu'il suscite, que la vie, si elle passe vite, est quand même bien douce et bien belle. Tout en baignant dans un grand confort moral et affectif, qui pousse à recommander un verre et cet album, pour finir une soirée bien accompagnée.



   Jp 1 octobre 2008   


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