Chance

Premières neiges


Fin octobre début décembre premières neiges. Les enfants me gratifient d'un "scions scions scions du bois. Pour la mère Nicolas" dans un fort accent canadien anglais. Trois mois d'année scolaire les habitudes sont prises. Tout roule. Moins 16 au chalet, 4 dedans quand on est arrivé, ça commence à être froid. Le lac gèle et le poêle à bois chauffe. Un café dans la nuit.

Dimanche matin il fait zéro ça c'est radoucit et il pleut. On prend la route pour Ottawa. Ça commence par 10km de chemin de terre. La route est brillante, d'instinct je ralentis, par deux fois la voiture m’avertit qu'elle part en dérapage, 20kmh, tout doux. La glissade commence, doucement d'abord, de la droite vers le coté gauche de la route, vers une ornière de 20cm de neige glacée sur le bas coté, c'est ma chance ! Je braque délicatement dans le sens du dérapage, pour attendre de récupérer de l'adhérence que les quatre pneus d'hiver et le quatre roues motrices ont complétement perdue égarée, nous laissant descendre sur la glace comme une ballerine dodue sur ses patins emportée par son élan. Je bute sur la bosse de neige qui d'une manière élégante et pertinente, nous retient sur la route. Je redémarre immédiatement et ça agrippe légèrement, je reprends ma droite.

On s’arrête un peu plus loin. En face de nous une belle montée de 100m étincelante à 14%. Moony me fait arrêter la voiture. On fait quoi ? Si on patine dans la pente, redescendre en glissade marche arrière de toute la hauteur est un rien inquiétant. La devise de ma team de chauffeurs de bus scolaire est "If you can't do it safety, Don't do it !" ce qui se traduit approximativement par "Si tu ne penses pas pouvoir le faire sécuritairement ne le fait pas ! On ne peut pas non plus rester la au milieu de nulle part.

Au moment ou je me prépare à passer la vitesse. Un camion apparait au sommet de la cote, on le regarde s'approcher dans la voiture arrêtée. C'est un camion de la ville qui tel Gandalf le blanc sur son cheval fringuant venant triomphant nous secourir, dévale la pente à toute vitesse en lâchant du sable sur sa route. La chance encore ! Je me mets sur sa trace de sable. Jamais mes impôts locaux ne m'ont semblé aussi justifié ! A la radio : Avertissement de bruine verglaçante.

Trop heureux de finir relax la journée devant un match de rugby !










   Jp 3 décembre 2012   


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