Silence

Les vers de terre



Tous les matins je fais en sorte d'être pile-poil à l'heure afin de ne pas mettre mes petits étudiants en retard. Mes journées de travail sont donc assez routinières. Tôt je vais inspecter mon bus, que j’amène dans ma rue pour un dernier café, avant de faire mes trois écoles du matin.

Ensuite je rentre chez moi pour une sieste, dîner, et vaquer à diverses occupations qui vont de pratiquer ma guitare tout en regardant des vidéos de formation au développement web (en ce moment je dois reprendre une course javascript dont je vais avoir besoin pour notre prochain projet), faire le ménage ou bricoler dans la maison. En début d'après midi, je dois ramener les enfants de l'école et parquer le bus. Au retour je prépare le repas puis je vais chercher Chantal à son travail, (encore que cette étape devrait disparaître avec les beaux jours, Chantal reprenant son scooter). C'est devenu une routine bien rodée en cette fin d'année scolaire.

Le matin donc je pars en avance pour mon premier stop. J'ai comme tous les ans, choisi un spot pour attendre l'heure de ma cueillette. Cette année c'est un petit stationnement d'un building administratif au beau goudron tout neuf, entre un espace vert et un terrain vague. J'en profite pour relaxer, lire un peu, jouer aux échecs sur ma liseuse, ou tout simplement rêvasser. Depuis une semaine c'est des dizaines de vers de terre qui se traînent sur l'asphalte noir et luisant du matin pour la plupart y mourir, à tel point qu'il devient difficile de marcher en les évitant à chaque pas. Témoins de la formidable activité qui se joue en ce début de printemps sous la surface visible du sol. Comme quoi il y a bien de la vie sous les apparences. Hier j'ai vu ma première tulipe, elle était rouge.



   Jp 3 mai 2017   


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